
Tu es cerné de flics
Nos 6 jours à Concepción on été marqués par beaucoup de choses : des balades magnifiques aux saltos del Laja et au cerro Carracol, la visite d’un marché typique, des soirées incroyables passées à écouter Claudia et Tristan nous parler du Chili, mais aussi la perte et (spoil) la récupération de la gopro de Morgan…
En effet, après la perte (ou le vol) de sa gopro lors du voyage de Santiago à Concepción, Morgan a passé plusieurs jours à accepter la perte de cet objet cher à ses yeux (étant un cadeau que sa famille lui avait fait pour son anniversaire afin qu’il puisse en profiter lors du voyage). Après plusieurs jours, il s’est mis à regarder si ce n’était pas possible de s’en reprendre une directement au Chili. Finalement, cela semblait très compliqué, les gopros étant très rares sur le continent, celles-ci sont très chères!
Après avoir discuté avec Tristan d’un possible leboncoin chilien, il nous conseille de regarder sur le backmarket de facebook. Et halleluyah ! Une gopro est disponible dans la ville. On remarque en regardant avec attention l’annonce que la gopro semble très similaire à celle perdue : même modèle, mêmes accessoires, même carte mémoire, mais surtout les écrans de protections (qui sont habituellement à enlever dès la réception de la gopro, et que Morgan avait laissés) sont étrangement aussi encore présents! Face à nos doutes, nous décidons d’appeler (à l’aide de Tristan et de son espagnol parfait) les carabineros, l’équivalent de la police municipale locale. Ils nous conseillent de s’assurer que la caméra est la notre, et d’appeler à la suite de cela la police d’investigation, qui pourront nous aider. Vale vale, nous prenons rapidement rendez vous avec le vendeur et nous y rendons avec Tristan afin de vérifier si la gopro est bien la notre!
Arrivés sur place, première désillusion : la gopro est en espagnol, et la carte mémoire est quasi vide : il n’y a plus aucune de nos photos, qui auraient pu servir de preuves…
Morgan a alors le réflexe de sortir son portable et d’aller sur l’application Gopro. Quelle surprise, la gopro est déjà connectée au portable, et porte bien son nom et son prénom! Nous décidons donc de dire au vendeur que nous lui achetons le lendemain, le temps de retirer des sous (les banques étant fermées). Il accepte, nous filons donc au commissariat de la police d’investigation directement, avec les preuves (les captures d’écran de la connexion au téléphone).
Arrivés sur place, c’est le FBI : les policiers/enquêteurs sont en costard, et sont plus habitués à résoudre des problèmes de meurtres que de simple vol de caméras. Ils nous accueillent cependant très bien (les chiliens adorent les français, et ça se sent!) et nous mettons en place un moyen de récupérer la gopro le lendemain : un rendez-vous est donné tôt au vendeur afin de procéder à l’échange, et les policiers interviendront à ce moment la afin de s’assurer que la gopro est bien celle de Morgan, et de lui rendre.
Le lendemain matin, nous arrivons au poste de police, et nous partons vers le lieu de rendez-vous, accompagnés de 6 policiers armés et habillés en civil. Un briefing est fait en amont, permettant à chacun de connaitre son poste : Morgan fera « la poupée », l’appât, et des policiers seront présents à distance raisonnable afin de pouvoir intervenir rapidement. Un vrai film américain.
Après une longue attente tout seul, sous la pluie, le vendeur arrive sur le lieu de rendez-vous (avec 2h de retard car son reveil n’avait pas sonné…) La police arrive rapidement – heureusement, Morgan galérait fort entre le stress et son niveau d’Espagnol- et c’est le moment de prouver que la gopro est bien la notre. Montée en pression, la gopro beug, et le vendeur a changé le nom de la caméra! Heureusement les flics sont cool et réagissent de manière calme, pendant que Morgan cherche le numéro de série de la gopro dans les réglages. Soulagement, le numéro de série correspond avec celui donné la veille!
Tout le monde est donc emmené au commissariat pour mettre les choses aux claires : le vendeur a obtenu la gopro en l’échangeant contre une ps4 2 jours avant à un homme qui travaille pour la société de bus que nous avons utilisé pour venir à Concepción. Il ne sera donc pas embêté par la police longtemps.
Arrivés au bureau de la police, scène lunaire : le chef du bureau (qui nous avait accueilli la veille) ouvre la porte du bureau d’un gros coup de pied, et rentre, conquérant, la gopro bien en évidence, en hurlant la marseillaise (avec un accent espagnol incroyable). Tout le monde est content (surtout Morgan), les flics chiliens nous demandent quel alcool nous buvons en France, Morgan se fait draguer par la policière qui lui fait signer les papiers, le chef lui donne son numéro de téléphone personnel, on découvre qu’ici les relations entre la police et le peuple est bien différente par rapport à celle en France.
C’est donc une histoire qui se fini bien ! La gopro est de retour dans notre setup pour la suite du voyage (nous tâcherons d’en prendre soin), et cette virée chez la police restera une très bonne anecdote et une bonne découverte. Finalement, ptet pas ACAB.
Hahaha j’adore cette histoire 😅
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