
Trek du cratère de Maragua
13 et 14 juin 2022
Nous nous levons tôt afin de pouvoir commencer le plus tôt possible la randonnée. Le premier jour, ce sont 20 km qui nous attendent, et la randonnée n’est pas à côté! Nous partons donc vers 7h45 de notre hôtel afin de nous rendre de l’autre côté de la ville prendre le bus qui nous amènera à Chataquilla, lieu où commence notre trek.
Après nous être bien renseignés (le point de départ du bus n’est pas du tout dans un endroit connu mais dans une petite ruelle), nous arrivons à notre bus. Comme nous le savions déjà, 2 mini-bus partent en direction de notre randonnée : un aux alentours de 9h, l’autre vers 10h. Cependant, comme partout en Bolivie, les horaires ne sont pas immuables : le bus part quand il est plein, cela peut donc être à 8h30 comme à 11h. Arrivés sur place à 8h15 par sécurité, nous nous rendons compte que nous sommes les premiers.
Nous prenons donc nos places pour le premier bus de la journée et nous rendons dans un marché proche afin de prendre un petit déjeuner. C’est au milieu des carcasses de porcs, des fruits et légumes et des fromages que nous trouvons de quoi prendre un chocolat chaud pour Fanny, et un jus de fruit pour Morgan.


Petites anecdotes sur ce petit déjeuner : Fanny, qui est absolument amoureuse de chocolat, demande un chocolat chaud à la vieille dame qui gère le stand. La dame lui sert donc une grande tasse de lait, accompagné d’une micro cuilère de chocolat en poudre. Fanny, peu habituée à ce style de lait cacaoté, demande donc un peu plus de chocolat. La dame, peu encline à céder plus, lui sert une micropart de chocolat en plus. S’en suit donc une négociation féroce entre la vieille dame bolivienne et Fanny. Elles trouveront un arrangement: 1 vraie cuillière en plus, pour 1 bolivianos de plus (environ 15 centimes). De son côté Morgan choisit de se prendre un jus de fruits parmi une des nombreuses étales qui en propose. Il opte pour un mélange de fruit « survitaminé » d’agrumes et de fruits éxotiques, mixés et servis dans un magnifique… sac en plastique. Le LITRE de jus de fruit est très bon et Morgan ne se privera pas de tout boire, ce qui ne le laissera pas de marbre pour la suite de l’aventure…
Arrivés à 9h au terminal de bus, nous nous rendons compte que peu de monde est présent. Nous attendons donc patiemment que le bus se remplisse jusqu’à 10h15! Nous partons donc, dans un bus remplis à l’européenne : ce sera le seul micro que nous prendront en Bolivie ou tout le monde est assis. Après 1H30 de transport, nous arrivons à Chataquilla (environ 3700m d’altitude), ou nous sommes les seuls à descendre. C’est le moment de commencer ce trek! Chataquilla est un minuscule lieu dit constitué de deux bâtiments : un bâtiment désaffecté et une église, apparement abandonnée. Nous prenons quelques minutes pour préparer nos sacs et boire un peu d’eau avant de partir.


Le début du trek se fait sur un chemin de pierre créé par les incas au bord de ravins, et a pour but de nous emmener doucement mais sûrement à l’intérieur du cratère de Maragua. Nous descendons donc près de 900 mètres de dénivelé sur environ 7 kilomètres. Les paysages sont magnifiques, et notre entrée progressive dans le cratère s’accompagne de la découverte de ses paysages et notamment de toutes ses couleurs : les montagnes du cratère sont en effets de toutes les couleurs : du vert de la végétation, au violet, bleu, en passant par le rose. C’est un vrai arc en ciel qui nous émerveille lors de notre descente !


Le chemin est escarpé mais plutôt facile, même si quelques passages rendent Fanny un peu nerveuse à cause du vide sur le côté. Nous arrivons en bas de la descente 1h30 plus tard, et nous faisons une pause afin de manger rapidement au premier péage que nous rencontrons (nous devons ici payer 10 bolivianos par personne). S’ensuit une douzaine de kilomètres sur du plat et en légère montée qui nous mène vers la ville où nous passerons la nuit : Maragua. Ces 12 kilomètres offrent des paysages tout autant magnifiques qu’au début, mais la marche est ici moins agréable : nous sommes maintenant sur une route (heureusement quasiment pas fréquentée par des voitures), en plein cagnard, et plusieurs chiens essaieront de nous manger : visiblement, ceux de la campagne sont un poil plus agressif que ceux de la ville !
Petit anecdote : lors de notre marche, nous croiserons un micro (mini bus) 12 places, contenant : une vingtaines d’enfants à l’intérieur ET 3 enfants sur le toit du van. Évidement cela ne l’empêchait pas de rouler à toute allure sur les petits chemins de terre cabossés. Notre stupeur de nous a pas permis d’être assez rapides pour les prendre en photo.
Nous arrivons (après 2 autres péages à 10 bolivianos par personne chacun) à Maragua vers 16h30, plutôt contents de notre rythme (nous sommes parmi les premiers à arriver) et surtout heureux de finir la randonnée de jour (la nuit tombant aux alentours de 17h ici).



Arrivés à Maragua, nous faisons le tour des refuges possibles afin de trouver un endroit où dormir. Problème : le premier que nous trouvons semble être fermé. Nous nous rendons donc au deuxième (et dernier), et apprenons que ce dernier est déjà plein: 8 personnes ont déjà réservé les lits disponibles. Nous attendons donc devant le refuge afin de trouver une solution, et voyons nombre de personnes arriver et être dans la même situation que nous. A 18h, tout le monde est arrivé : nous sommes donc 25 (Fanny, Morgan, et 23 israéliens) pour au total 9 couchages. Le patron du deuxième refuge fini par répondre au téléphone et explique qu’il ne pourra pas être là avant 21h, mais qu’il pourra héberger pour la nuit 6 personnes.
Nous décidons donc tous de manger ici (au programme, un peu de soupe, et 30 grammes de pâtes par personne), et 6 israéliens iront dormir dans l’autre refuge. Quant à nous, nous trouvons des solutions afin que tout le monde puisse dormir au chaud : nous dormirons donc sur le sol, avec un petit matelas de jardin, entre 2 lits. Nous nous couchons vers 21h30, fatigués mais très contents de notre journée !
Le lendemain, le réveil sonne à 7h. Après un petit déjeuner sommaire (un peu de pain et de beurre) avalé rapidement, nous bouclons nos affaires et partons pour ce deuxième jour de trek. Cette journée est un peu plus difficile que la veille (20 kilomètres de prévus, et 600 mètres de dénivelé), mais le problème principal est le temps : le dernier bus rentrant à Sucre est à 16h, mais comme les horaires boliviens sont totalement aléatoires, le bus peut partir à 15h30 sans soucis. Nous décidons donc d’avoir pour objectif d’être à notre point de chute entre 15h et 15h30, afin d’être sûrs de ne pas rester bloqués. Point peu rassurant : notre gps nous dit au moment de notre départ que notre arrivée se fera à 17h. Nous commençons la journée par une longue montée : nous sortons rapidement du cratère, accompagnés d’un éleveur et de 3 de ses bêtes. Lui semble très à l’aise malgrés ses sandales très fines, nous un peu moins (nous nous en sortons cependant plutôt bien comparés aux autres groupes que nous distancerons rapidement). L’oxygène manque en altitude et les efforts physiques ne sont pas les mêmes.

Arrivés en haut du cratère, nous plongeons dans la vallée d’à côté: encore une fois les paysages sont magnifiques! Nous descendons progressivement vers une des curiosités de ce trek : les plus grosses traces de dinosaures du monde. Juste avant ça, nous faisons un petit détour à cause d’un chien peu enclin à nous laisser passer (nous apprendrons plus tard dans la journée que ce même chien a mordu à sang une israélienne quelques dizaines de minutes après). Arrivés sur place, un local vient nous voir afin de nous dire que si nous voulons aller toucher ou prendre des photos des traces, nous devons payer 10 bolivianos par personne. N’ayant pas spécialement envie de prendre de photos, nous passons à côté et traçons notre route. Petite surprise quelques mètres après : d’autres traces sont présentes de manière beaucoup moins encadrée (peut être sont-elles légèrement plus petites ? Nous n’avons pas pu mesurer la différence). Nous en profitons donc pour faire quelques photos, et continuons l’ultime montée de la journée (plutôt rude car pentue et remplie de ronces).


Nous décidons de faire une petite pause repas après avoir fini cette dernière partie difficile (petit sandwich avocat/knacky/fromage), et repartons après 20 minutes: il nous reste encore 10km à faire et l’heure tourne ! Le reste du chemin est un peu moins fun : une longue route, en plein cagnard, avec des paysages un peu moins sympathique. On se perd beaucoup aussi, on fait en tout 7km de plus que prévu. Mais le problème principal vient surtout de l’état de santé de Morgan, qui commence à se sentir malade 7 km avant la fin de la randonnée (surement une intoxication alimentaire due au jus de fruit de la veille…).
Le reste de la randonné devient donc un réel enfer, ses forces partant progressivement et son état empirait. Fanny a cependant géré la situation avec une main de maître, en portant les 2 sacs à dos et en gérant le timing. C’est donc dans la souffrance que la rando se finit, à 15h08. Croyez-le ou non, nous sommes les premiers arrivés sur place. Après une demi heure d’attente, nous montons dans le mini bus, et partons pour presque 3h entassés (3h très longues pour Morgan, qui essaie tant bien que mal de ne pas vomir au milieu de tout le monde). Nous sommes 15 dans un van 12 places, certains d’abouts d’autres assis par terre.
Nous découvrons cependant que notre situation n’est pas la pire du groupe : c’est à ce moment que nous apprenons que l’israélienne s’est fait mordre par le chien qui nous avait aussi agressé. N’étant pas vaccinée contre la rage, il est urgent pour elle d’aller à l’hôpital afin d’avoir un traitement le plus rapidement possible. Fanny rencontre aussi dans le bus une dame bolivienne, travaillant dans l’école d’un minuscule village, et habitant à Sucre : elle fait donc tous les jours près de 4h de minibus afin de se rendre sur son lieu de travail, de quoi relativiser avec les bouchons de la rocade toulousaine! Ce trajet été chaotique, roulant en van surchargé sur des chemins de sables caillouteux au bord de ravins. En regardant par la fenêtre, on ne voyait même pas le ravin, c’est pour dire. Et pourtant, les paysages étaient somptueux! La plus belle route que nous avons vu pour l’instant.
Nous arrivons à notre hôtel vers 19h, Morgan fonce au lit et prend 2 jours de repos forcés avant d’être un minimum mieux.
Le trek du cratère de Maragua aura été une expérience fabuleuse pour nous deux : malgré les quelques galères, les paysages furent magnifiques, et quel plaisir de nous retrouver perdus au milieu de la nature pendant 2 jours. Énormément de tours guide proposent des excursions pour faire ce trek, mais nous n’avons absolument pas regrettés de l’avoir fait en autonomie !
Ce fut au total 45 kilomètres (merci les quelque fois ou nous nous sommes perdus) et 900 mètres de dénivelés positifs sur 2 jours.
Après quelque jours de repos, nous prenons un bus de nuit; direction le nord du pays : Cochabamba et La Paz.