Salkantay trek – Machu Picchu

Salkantay trek – Machu Picchu

Ça y est, nous y sommes : nous allons faire le Salkantay trek. Ce trek, on en entend parler depuis nos premiers jours en Amérique du Sud, dès notre arrivée au Chili. Au début, cela nous paraissait impensable : en arrivant au Chili, nous n’avions aucune expérience de trek sur plusieurs jours, les 5 jours de marche en haute montagne nous paraissaient tout simplement infaisables, l’effort trop dur. 

Puis, petit à petit, l’idée a germée dans notre esprit. Grâce à plusieurs heures de recherche notamment, mais aussi grâce aux retours de plusieurs copains qui l’ont fait et qui nous on confirmé que oui, c’est difficile, mais faisable (merci Antoine, Maëlle, Côme!). On est aussi rassurés avec nos différentes expériences précédentes : oui nous sommes capables de marcher de longues distances sur plusieurs jours, nous sommes capables d’avaler du dénivelé positif et nous supportons de marcher en altitude (au moins jusqu’à 5 000 mètres). Et surtout, nous ne nous serions jamais pardonné de passer à côté d’un des plus beaux trek du monde sans au moins essayer.

La décision était donc prise : c’est un fait, on va tenter le Salkantay. 

Mais qu’est-ce que c’est ce trek ? 

Le Salkantay est un trek de 5 jours (faisable aussi en 4 en utilisant une voiture sur une partie du trajet), reliant la laguna Humantay (jour 1) au Machu Picchu (dernier jour). C’est 75 kilomètres de marche, compris entre la haute montagne ( l’altitude maximum est atteinte le deuxième jour, en passant le col du Salkantay à 4650 mètres) et la jungle (l’altitude minimum est atteinte le 3eme jour à 1 500 mètres). C’est aussi une aventure à travers l’histoire Inca, un défi physique mais surtout mental.

Les retours qu’on a eu sont tous unanimes : les 5 jours sont vraiment incroyables, mais difficiles et douloureux. Nos 3 semaines de travail en hostel nous le confirmeront : tous les clients qui rentreront du trek reviendront marqués, extrêmement courbaturés et pour certains avec des douleurs (pieds en sang, problèmes aux genoux et/ou au dos, ect). A l’approche de la date de notre départ, nous sommes donc impatients et stressés.

Pour ce voyage, nous avons pris la décision de passer par une agence afin d’avoir un guide et d’être dans un groupe pour plusieurs raisons : dans un premier temps, notre marge physique semble être assez fine pour ce trek, être dans un groupe permettra donc d’être entourés dans les moments difficiles. La seconde raison est aussi que prendre un guide est la meilleure façon de profiter au mieux des lieux que nous allons voir : le guide sera présent les 5 jours pour nous expliquer l’histoire des peuples vivants dans les montagnes, nous raconter les cultes incas à propos des paysages rencontrés et surtout nous conter l’histoire de notre destination finale : le Machu Picchu.

Après avoir recueilli de nombreux témoignages unanimes, nous fonçons à l’agence « Machu Picchu réservations » à Cusco et réservons le tour. Le prix total : 240 euros par personne, comprenant l’ensemble des transports, des repas, des logements pour les 5 jours et le guide, en soit quasiment tout.

Dimanche 21 août, 19h : veille du départ.

Nous arrivons à l’agence le soir après avoir fini notre dernier jour de volontariat à notre hôtel. Nous assistons à un debrief d’environ 1h30 par un guide, nous décrivant précisément notre itinéraire, nos logements, l’effort physique, mais aussi toutes les affaires qu’il faut penser à amener (Fanny retiendra surtout que le chocolat était bon pour atténuer les méfaits de l’altitude). Nous sortons du brief excités par ce qui nous attend, allons manger dans un resto italien et filons faire nos sacs. Le lendemain, le rendez vous est fixé à 4h30.

Le programme pour les 5 prochains jours
On obtient aussi le précieux sésame : notre ticket pour le Machu Picchu

Lundi, jour 1.

3h30, le réveil sonne. On saute rapidement hors du lit, s’habille, enfile nos sacs et on se dirige vers la plaza de armas de la ville, où se trouve notre point de rendez-vous pour le départ. Malgré le réveil aux aurores, nous sommes excités à l’idée de partir pour cette nouvelle aventure, nous partons donc avec motivation. 

Arrivés devant l’agence, nous montons dans un minibus et attendons les derniers retardataires pour partir. 5h00: nous partons. 

Après 2h de route, nous nous arrêtons pour prendre un petit déjeuner : pain beurré, thé à la feuille de coca et salade de fruit. Nous reprenons la route pour 1h30 environ.

À 9h, nous arrivons sur le parking final. Nous finissons de préparer nos sacs, réglons nos bâtons de marche, et partons à l’assaut de cette première journée. 

Le programme est plutôt simple : nous partons de 3 900 m, et montons jusqu’à la laguna Humantay, 4 250 mètres d’altitude. La première partie, plutôt simple, est du « plat péruvien », c’est à dire des petites montées et descentes successives. Après 40 minutes de marche, nous arrivons au pied de la montée qui nous attend. C’est 400 mètres de dénivelés positifs qui nous séparent de la lagune, que nous montons en un peu moins d’1h. La montée est constante et plutôt agréable, nous sommes agréablement étonnés de notre forme et de notre acclimatation à l’altitude : le souffle est court, mais permet toujours de garder un rythme correct. De plus, nous ne regrettons absolument pas notre achat des bâtons de marche, qui nous sont d’une grande aide dans les parties raides (un ami hollandais nous dit en montant « we basically have four legs. » (en fait, on a quatre jambes.), et nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui!)

Au milieu de la montée de la lagune, les paysages sont déjà époustouflants

Arrivés à la lagune, nous remarquons que le lieu est bondé. René, notre guide, nous explique tout de suite que la plupart des personnes présentes font l’aller retour dans la journée et doivent repartir tôt : nous aurons donc la lagune pour nous dans 1h. Nous partons donc aux alentours pour prendre un peu de hauteur, et profiter de l’imposant glacier de l’Humantay présent juste devant nous. 

Nous redescendons vers René et nous rendons compte qu’il ne nous avait pas menti : la lagune est en train de se vider à vue d’œil. Nous profitons de ce moment pour prendre quelques photos, pour apprécier le calme de la montagne et pour écouter notre guide nous raconter son histoire : la laguna Humantay porte le nom du glacier Humantay qui se trouve juste au dessus. Le mot Humantay signifie « qui apporte l’eau » en quechua (la langue ancienne). La lagune était un endroit particulièrement sacré pour les Incas, car elle regroupe les 3 éléments représentant les dieux : l’eau, le soleil et les montagnes.

Après toutes ces explications, nous partons de la lagune et retournons au fond de la vallée. La descente est douce et se fait dans la bonne humeur. Arrivés en bas, nous partons en direction de notre camping, qui se trouve en direction de l’objectif du jour suivant : le glacier du Salkantay. Après une petite demi-heure de montée, nous arrivons à notre camping. Bonne surprise, nos tentes semblent être plutôt bien isolées (la nuit s’annonce glaciale), et surtout la vue est incroyable!

Notre camping pour la nuit, surplombé par l’objectif du lendemain : le glacier du Salkantay

Après un déjeuner péruvien avalé, nous profitons de l’après midi pour se reposer et faire un peu de peinture. 

Cette première journée fut un réel bonheur du début à la fin : l’effort physique était beaucoup plus simple que ce que nous attendions, et fut un plaisir, les paysages sont tout simplement magnifiques, et camper à 4 000 mètres d’altitude au milieu de ces sommets de plus de 6 000 mètres est tout simplement sublime.

Maintenant, nous nous préparons pour la seconde journée qui s’annonce comme la plus rude des 5 jours.

Mardi : jour 2.

3h30, le réveil sonne. Nous nous réveillons doucement, et sommes accueillis 5 minutes plus tard par un de nos cuisiniers tapant à notre porte : ils nous donne 2 thés de coca et repart. Nous faisons nos sacs et commençons à nous diriger vers la cafétéria, ou nous attend le petit déjeuner. Le problème : une grosse pente (environ 100 mètres de D+) nous sépare du bâtiment. 15 minutes plus tard, nous sommes en haut. La montée nous semble longue, et beaucoup plus dure que la veille. Nous apprenons que durant la nuit, un argentin de notre groupe est tombé malade et est au plus mal : il a vomi toute la nuit, et se sent vidé de ses forces. Les guides décident de le descendre rapidement afin que le mal des montagnes lui passe. Ils finira par repartir à Cusco en ambulance, sera interné dans un hôpital pour la nuit et nous rejoindra le lendemain soir. De plus, un de nos compagnons de groupe a une montre connectée qui permet d’avoir son taux d’oxygène dans le sang. Le résultat est flagrant : il est descendu à 71%, ce qui peut expliquer notre mal à monter cette première montée dès le début.

Après un très bon petit déjeuner (pancakes à la papaye, thé de coca et chocolat chaud), nous préparons nos derniers affaires et partons. Il est 5h, et nous commençons notre journée.

Au fond au centre, le glacier du Salkantay. Un peu en dessous, le chemin que nous empruntons pour l’atteindre

Le début de l’ascension est plutôt facile, nous commençons par environ 40 minutes de légère montée, ce qui permet de nous réveiller et de nous échauffer les jambes. Après avoir passé cette première étape, nous faisons une pause, respirons de l’eau de fleur (un liquide vasodilatateur, mélange d’essence florale et d’alcool, permettant de mieux respirer en altitude), et écoutons le briefing de René, notre guide.

Nous avons devant nous une montagne imposante, que nous devons monter à partir de maintenant. Au milieu de l’ascension se trouve la montée la plus dure des 5 jours, le « gringo killer » (littéralement le tueur de blanc). René nous explique que cette partie est constituée de 10 virages très raides, il nous conseille de prendre le temps qu’il nous faut et de faire des pauses régulières afin de réussir à arriver au top. C’est 800 mètres de dénivelé positif qui nous attendent, avec une arrivée au Salkantay pass à environ 4 650 mètres.

Nous partons tous les deux, chacun à notre rythme. Morgan décide de partir à un rythme plutôt élevé et passe une bonne partie de la montée avec un petit groupe de canadiens et d’irlandais bien décidés à ne faire qu’une bouchée de cette partie physique. Fanny elle prend un peu plus son temps, lui permettant d’être dans un rythme de confort quasi tous le long. Étonnamment, cette partie se passa très bien pour nous deux, et nous y prendront énormément de plaisir. Les paysages sont fabuleux, nous sommes en forme, le lever de soleil est incroyable et nous nous rapprochons plutôt rapidement de notre objectif : être au pied du glacier du Salkantay.

Les 10 virages du gringos killers

800 mètres plus haut, nous y sommes. Nous faisons une pause bien méritée avec l’ensemble de notre groupe pendant que René nous raconte l’histoire de ce lieu. Le mot Salkantay veut dire en quechua « accès à la cordillère », car à l’époque des incas le col était le seul moyen de pouvoir accéder à cette dernière. Ce glacier était d’une importance capitale pour les incas, car il est le deuxième plus gros glacier de Cusco. Il est donc le deuxième dieu le plus important de la ville, étant celui qui leur apporte de l’eau. Malheureusement, nous apprenons que 70% du glacier à déjà disparu à cause du réchauffement climatique.

Le salkantay pass, et en bas la vallée ou nous finirons la journée, vue sur une mer de nuages
Une tarentule croisée en haut de la montagne

Après ces explications, nous profitons un peu de ce lieu, et repartons pour ce qui s’annonce être l’épreuve de la journée : 2 000 mètres de dénivelés négatifs. Fanny ayant un genoux fragile depuis le trek du canyon de Colca, nous redoutons cette partie plus que les autres, et savons que ce ne sera pas une tasse de thé. La première partie se passe plutôt bien, une mer de nuage est présente en dessous de nous ce qui rend le paysage magnifique, et le chemin est plutôt bon. Nous prenons notre temps et échangeons avec René sur son travail pendant la descente. 3h plus tard, nous arrivons à notre lieu où nous prendrons notre déjeuner.

Après notre repas avalé (ce fut encore une fois très bon), nous repartons pour les 1 000 mètres de dénivelé négatifs restants. Ces 3h de descente marquent notre entrée dans la « haute jungle », cette partie de l’Amazonie constituée de montagnes de plus de 400 mètres et de forêt extrêmement dense, que nous ne quitterons plus jusqu’au dernier jour. Nous passons d’un climat frais montagneux à tropical, les pierres et la neige sont remplacées par une jungle dense composée de palmiers, d’arbres gigantesques et de fruits exotiques. 

Malgré ces paysages, cette partie de la descente est difficile pour Fanny: fatiguée, son genoux commence à être douloureux dès la reprise de la marche. Nous prenons notre temps afin qu’elle ne se blesse pas pour les jours suivants, accompagnés par Camille, une française voyageuse qui connaît aussi des douleurs au genoux suite à une blessure. Malgré cela, la dernière heure se passe dans la douleur. Nous arrivons au camping vers 17h, parmi les derniers. Nous sommes accueillis par nos compagnons de groupe qui nous félicitent, et par René, qui nous explique que demain Fanny devra marcher environ 5h, et qu’il pense que c’est une mauvaise idée pour elle de marcher le jour 4 en entier, ayant une descente de 800 mètres de D- plutôt agressive pour les genoux.

Nous prenons une douche, passons un bon moment avec notre groupe autour d’un bon repas et allons nous coucher à 21h, après avoir enduit le genoux de Fanny d’anti inflammatoire.

Notre logement pour la deuxième nuit, entouré par la jungle

Mercredi : Jour 3

Aujourd’hui c’est grasse matinée : le réveil ne sonne qu’à 5h! De la même façon que la veille, un cuisinier vient nous réveiller avec du thé de coca, très bien accueilli par Morgan (Fanny commence à être lassée de tout ces thés pour être honnête). 

Nous nous levons et bonne nouvelle : Fanny ne boîte plus, et n’a plus du tout de douleur au genoux. Nous fonçons au petit déjeuner, heureux de ce constat. 

Après un petit dej englouti, René nous explique le programme de la journée : aujourd’hui est la journée fun du trek, avec seulement 5h du marche, suivi d’une visite d’une ferme produisant du café, et de bains chauds le soir. 

De la jungle et des montagnes, à perte de vue !

Nous partons donc confiants et plutôt content de nous : jusqu’à maintenant, nous vivons très bien les phases de montées, aussi rudes soient elles, et mieux que ce que nous pensions les phases de descentes. 

Les 5h de marche seront très agréables car en « plat péruvien » (un enchaînement de montées et de descentes, plutôt agréables et suffisamment courts pour ne pas tuer notre cardio en montée ou nos genoux en descente). Elles seront aussi entrecoupées par des dégustations de grenadillas (des fruits de la passion non acides), d’explications de René à propos des plantes présentes dans la jungle que nous croisons et d’un match de foot de 30 minutes pour Morgan (son équipe gagnera, mais pas grâce à lui).

De la technicité et de l’envie dans le jeux
Promis maman je mets de la crème solaire !

Après les 5h de marche, nous visiterons une ferme produisant du café, nous montrant comment ce dernier était produit. La visite est intéressante, mais n’aimant tous les deux pas le café nous ne participeront pas aux dégustations. 

Graines de café

Nous partons ensuite rejoindre notre camping pour la nuit, mangeons notre déjeuner (lomo saltado, nachos guacamole et ceviche!) et ouvrons quelques bières. A ce moment, nous faisons un point sur l’état physique de Fanny : son genoux est au top, elle ne sent pas de douleur et en toute possession de ses moyens. Surtout, elle ne veut pas louper le moindre bout de ce trek qui est pour le moment incroyable. En accord avec René, nous décidons de tenter le coup et de partir ensemble le lendemain.

A partir de ce moment, la journée prend une autre tournure. Notre guide est formel : à partir de maintenant c’est la fête. Nous montons ensuite dans un van en direction des bains chauds. Après deux arrêts (un pour acheter une bouteille de rhum, un autre pour récupérer notre camarade argentin sorti de l’hôpital, allant bien mieux) et 1h de bus plus tard, nous arrivons à la piscine. Les bains chauds font le plus grand bien à nos jambes fatiguées et à nos pieds abîmés et nous permettent encore une fois de sympathiser avec toute les personnes faisant le trek avec nous. A la sortie, notre guide (déjà plus très sobre, comme la plupart des gens) nous a préparé une surprise : des shoots de tequila. Seulement, il y a une seule règle, ici c’est 3 ou rien : un pour le monde supérieur des dieux, un pour le monde des vivants et le dernier pour le monde souterrain des morts. Ne voulant pas contrarier les éléments (et notre cher guide) nous nous exécutons religieusement. Nous repartons ensuite en bus et rentrons à notre camping. S’en suivra un repas et une belle fête, qui finira par être floue pour une (grande) partie du groupe – y compris les guides.

De retour des bains (plus très sobres)

Jeudi : Jour 4

4h30 : le réveil est le plus dur de la semaine. Après une journée de « vacances » comme le dit René, et un peu d’excès, nous nous réveillons avec beaucoup de mal. Nous savons que la journée qui nous attend peut être la plus dure du périple si nous sommes fatigués : 24 kilomètres nous attendent.

Tout le groupe se réveille difficilement, y compris les guides. Après un petit déjeuner avalé nous reprenons la marche. 

Cette journée commence directement par 800 mètres de dénivelés positifs, de quoi nous réveiller comme il faut et nous faire transpirer les excès de la veille. Nous en viendrons à bout en un peu moins de 2h, profitant du paysage et du lever de soleil.

Arrivant en haut, la récompense est bien présente. Nous avons un point de vue incroyable sur la vallée se trouvant de l’autre côté de la montagne, avec en son centre l’objectif du dernier jour : le Machu Picchu. Car oui, le Salkantay trek, c’est aussi 2 fois plus de Machu Picchu: nous pouvons l’observer d’un point de vue inédit, le surplombant et le voyant de côté. Nous nous asseyons dans l’herbe et profitons de la vue sur ce paysage magnifique pendant plusieurs dizaines de minutes.

Le Machu Picchu au centre de la photo, on se voit demain !

Après une pause bien méritée, nous commençons la descente dans la vallée, qui représente 1 000 m de dénivelé négatifs. Nous prenons notre temps afin de préserver les genoux de Fanny, et faisons des pauses régulières (notamment parce que Fanny passe son temps à prendre en photo le moindre papillon et la moindre nouvelle fleur). La descente se passe étonnamment très bien, et nous arrivons en bas 2h plus tard, sans aucune douleur (mais avec les cuisses un peu fatiguées quand même). La mission est réussie, et nous comprenons que nous avons bien fait de nous faire confiance.

En trek, le style est un élément très important !

Après quelques kilomètres de plat, nous arrivons à notre restaurant pour le déjeuner. Nous mangeons en environ 1h, ce qui nous permet de récupérer un peu de force dans les jambes pour faire les derniers 10 kilomètres qui nous séparent d’agua calientes (la ville située au fond de la vallée du Machu Picchu).

Nous repartons et commençons à longer les voies de train qui relient les deux villes. Il est en effet possible de relier les deux villes en train. Cependant, le prix plus qu’abusif (70 euros l’aller, 100 euros l’aller retour) nous dissuadera de le prendre. Nous parcourons donc ces 10 kilomètres en 2h30 environ, les nombreux kilomètres des 4 derniers jours se faisant sentir. Nous sommes tout de même subjugués par les paysages qui nous entourent : des montagnes extrêmement hautes et raides nous entourent, remplies de végétations plus luxuriantes les unes que les autres. Nous arrivons à notre hôtel en fin d’après-midi, fatigués mais heureux et fiers d’avoir réussi ce nouveau défi. Notre guide nous avait annoncé 25 km de marche dans la journée, notre téléphone nous dit 30 km, et nous voulons bien le croire.

10 km le long des voies de trains reliants Hydroéléctrica à Agua Calientes

Après une douche (chaude pour Fanny, froide pour Morgan) et un bon repas, nous fonçons au lit. Il est 21h, nous nous couchons excités par la journée qui nous attend : nous y sommes, dans quelques heures nous seront au Machu Picchu.

Vendredi : Jour 5

C’est encore un réveil a 3h30 qui nous sort de notre sommeil. À 4h, nous prenons nos sacs et descendons prendre un petit déjeuner. À 4h30, nous partons à la frontale dans l’obscurité de la ville encore bien silencieuse. 4h45, nous sommes en bas de la montagne, passons le check de nos tickets et partons a l’assaut de la montée vers le célèbre lieu. C’est grâce à d’innombrables (1 716 d’après Google) marches en pierres que nous accédons à l’entrée du parc (pour les personnes qui ne prennent pas le bus). Après 1h10 de montée physique mais magnifique pour 400 mètres de dénivelé positif environ, nous arrivons aux portes du Machu Picchu.

Le soleil se lève lors de l’ascension, laissant apparaitre les silhouettes des gigantesques montagnes alentours

À 6h nous rentrons dans l’enceinte du lieu, un peu stressés : le lieu est tellement mythique, nous en avons tellement entendu parler, vu tellement de photos, que nous avons tous les deux peur d’être déçus de l’expérience, d’avoir l’impression de se retrouver « seulement » devant une carte postale.
À peine arrivés dans le lieu que toutes nos peurs sont balayées. Nous nous prenons une vraie claque, le lieu est juste incroyable, magnifique, immense, et possède une énergie folle. C’est tous les deux émus que nous déambulons, prenons des photos (qui ne retranscrivent pas 1/10 de la beauté du lieu) et profitons du lieu pendant plusieurs heures. Après une présentation très sommaire du lieu par un guide qui visiblement n’avait pas du tout envie d’être la (René n’a pas pu nous accompagner cette fois-ci), nous décidons de l’abandonner et de poursuivre par nous-mêmes.

Nous avons une chance énorme d’avoir le lieu découvert dès le matin !

La visite du temple Inca prend vraiment tout son sens après 4 jours de trek, qui permettent petit à petit de s’imprégner de la culture Inca et de s’enfoncer doucement dans la jungle. Car oui, ce dont on ne peut pas se rendre compte à travers les photos, c’est que le Machu Picchu est situé en plein centre d’une jungle épaisse! La montagne, très abrupte et haute de 600 mètres environ, est entourée d’une gigantesque vallée composée de montagnes pouvant atteindre les 1 000 mètres, totalement verticaux, et recouvertes d’une végétation luxuriante, ce qui donne aux paysages un mysticisme incroyable.

On a pas pu s’empêcher de faire la photo de touriste

Petite partie historique : la citadelle a été construite vers 1 450, mais a été découverte seulement en 1 911 par deux explorateurs. Elle cache encore de nombreux secrets, ce qui amène des historiens et des archéologues du monde entiers qui espèrent les percer afin d’en apprendre plus sur la culture Inca. L’intérêt de ce lieu n’est pas connu exactement, mais il est supposé que c’était un secteur d’étude (que ce soit de l’agriculture avec les parcelles présentes sur la première partie de la citadelle, ou de l’astrologie et de la météo, avec de nombreux temples et points d’intérêts permettant d’avoir des informations sur l’évolution des cycles solaires par exemple), ainsi que la résidence secondaire pour le gouverneur Inca. Dans tous les cas, l’ensemble de la citadelle est un exemple de l’architecture complexe Inca : elle est composée seulement de pierres taillées afin de correspondre parfaitement à ses voisines, sans ciment ou liant entre chaque pierres. Cette technique complexe explique notamment pourquoi les bâtiments sont dans un si bon état, et on notamment résisté à tous les séismes que le pays à connu.

Après 4h de visites, nous finissons par sortir du lieu : il nous reste encore 10 km à marcher afin de prendre notre bus qui nous ramène à Cusco. Nous décidons de descendre du Machu Picchu en bus, ayant peur pour nos genoux fatigués. Arrivés en bas, nous entamons nos derniers kilomètres. Après environ 2h de marche, nous arrivons au lieu de notre bus, qui marque la fin de cette expérience incroyable. Après un repas avalé, nous montons dans le mini-bus. C’est 7h de petites routes sinueuses (pour la plupart en terre) qui nous attendent afin de rentrer sur Cusco.

A notre arrivée, nous nous sommes précipités à la crêperie !

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