
Oxapampa – Festival Selvamonos
25 juin au 6 juillet 2022
Nous arrivons à Oxapampa vers 9h du matin, après un très long périple. Nous venons en effet de finir notre voyage, qui aura été finalement de 51 heures : nous sommes partis de La Paz, avons traversé la frontière péruvienne à Desaguadero, puis nous sommes rendus à Puno, où nous avons pu manger et réserver un bus jusqu’à Lima. De Puno a Lima, ce sont 26 heures de bus plutôt agréables : le bus passe par la côte, la route est donc beaucoup plus droite que celles des montagnes boliviennes, et le fait de revoir l’océan fait du bien!. Arrivés à Lima, nous mangeons rapidement et montons dans notre bus, qui nous emmène en 13 heures à Oxapampa. Cette dernière route peut s’avérer difficile pour tout le monde : nous partons de Lima, qui est au niveau de la mer, et traversons la cordillère des Andes, en passant notamment un col a 5 000 mètres d’altitude, pour ensuite redescendre à 1800m. Nous avons de la chance, nous ne serons pas malades du trajet, et dormirons comme des bébés une bonne partie !
Arrivés à Oxapampa, nous nous rendons directement sur le lieu du festival. Nous constatons que le lieu est pour le moment loin d’être prêt : à 6 jours de l’arrivée des premiers festivaliers, quasiment rien n’est en place (seulement 1 tente qui sera un chill out et les barrières délimitant l’enceinte du festival), et très peu de personnes sont présentes sur le lieu : une quinzaine tout au plus. Cependant, ce qui nous marque le plus à notre arrivé est le lieu du festival : Oxapampa est un village situé à la frontière de la selva (= jungle), entouré de montagne de couleur verte fluorescent. La végétation est luxuriante! De plus, à notre arrivée, une légère bruine tombe sur la ville, chose très agréable: cela fait depuis Concepcion que nous n’avions pas eu de pluie, 6 semaines plus tôt!

Nous rencontrons José, le directeur du festival, qui nous présente les personnes présentes et qui nous amène à un hôtel dans lequel nous dormirons jusqu’à la fin du festival.
Après une grande douche (froide), et un repas avalé rapidement, nous nous rendons au festival ou nous rencontrons les personnes pour qui nous travailleront toute la semaine.
Omar et Benjamin sont deux péruviens vivants à Lima, et s’occupent d’une partie de la décoration du festival : ils ont pour mission de s’occuper des deux parties où sont présentes les lettres formant le nom du festival « Selvamonos », ainsi que de mettre en lumière tous les panneaux d’informations (de type « camping », « zona full selva » ect.).

Les deux premiers jours de travail, la communication est difficile avec nos deux collègues : l’espagnol péruvien est plus compliqué que celui de Bolivie où nous avions bien pris nos marques, plus rapide, moins articulé et surtout notre vocabulaire en terme de travail manuel est très limité : Madame Garcia ne nous avait malheureusement pas appris comment dire « une agrafeuse » au lycée !
Nous prenons cependant le plis au bout du troisième jour : notre oreille s’habitue doucement à l’accent péruvien, notre vocabulaire s’étoffe un peu et Omar et Benji comprennent comment nous parler pour se faire comprendre : articuler un peu plus clairement, utiliser des gestes, ou parler de cerveza.
Notre travail consiste à les aider à créer les lettres du festival et les mettre en lumière : c’est donc beaucoup de peinture, de collage (vraiment BEAUCOUP de collage, nos doigts ont finis allergiques à la super glue), de coupe de bois et d’assistance en soudure qui rythmeront nos journées toute la semaine. Nous en profitons surtout pour échanger avec Omar et Benji, qui s’ouvrent doucement mais sûrement à nous. Les deux sont des artistes et font du tag urbain, ils organisent aussi des festivals de musiques et d’art : un à Lima, et un le long de la côte un peu plus au sud, dans une maison secondaire qui appartient à Omar. Nous avons donc beaucoup à échanger avec eux! Lorsqu’ils apprennent que Morgan est DJ, Benji lui propose de mixer à une soirée privée jeudi (veille du festival), et Omar ira voir José, le directeur du festival, pour lui dire de le faire mixer au festival. Ensuite, ils nous présentent plusieurs de leurs amis, notamment Pavel, un artiste jouant de la minimale au festival, totalement adorable!

Après 5 jours passés à 4 personnes sur les fameuses lettres, nous les positionnons au dessus du passage amenant à la MainStage du festival et observons le résultat : l’effet voulu n’est pas exactement présent, mais force est de constater que cela apporte un certain cachet au lieu! Il sera d’ailleurs le lieu parfait pour prendre une photo souvenir pour les festivaliers tout le long du week end. Nous sommes donc contents du résultat; et partons nous reposer : demain le festival commence! Nous sommes cependant très étonnés de l’état du festival ce jeudi soir : certains festivaliers sont déjà arrivés au camping, les scènes ne sont toujours pas finies d’être montées, le son non plus, et aucune lumière n’est en fonctionnement : nous sommes bien loin de l’organisation européenne !
Le vendredi, nous arrivons au festival aux alentours de midi afin de manger avec toute l’équipe et mettre en place le post de travail de Fanny pour le week-end. Nous découvrons le festival quasiment prêt et la surprise est grande : les équipes de montages ont travaillé une grosse partie de la nuit, le réglage du son et des lights ont été effectués pendant la nuit, et les quelques détails qui restaient à finir sont quasiment finis!
Nous filons dans les backstages et préparons un petit espace pour que Fanny puisse couper les cheveux des artistes et des stafs le souhaitant. Les moyens sont petits (une table et une chaise en plastique, une pancarte en bois et un peu de peinture) mais feront largement l’affaire!


Fanny aura le plaisir de coiffer des artistes ainsi que des membres du staffs du festival qui seront très heureux d’avoir une coupe de cheveux par une coiffeuse française ! Morgan quant à lui passera sa journée à aller proposer aux artistes un coupe de cheveux et fera la fête avec Omar, Benji, Pavel ainsi que 2 français rencontrés au bar : Valentin et Victor.

Le festival est constitué de deux scènes principales qui tournent à tour de rôle, d’une scène électronique (orientée tech-house et techno tout le week-end) et de deux petites scènes electros (une présente dans le camping, une autre dans le bar vip). La musique sur les MainStage est éclectique et plutôt sympa la majorité du temps : pop, rock, rap et musiques latines passent à tour de rôle et nous en profitons le plus possible!

Le lendemain, nous prenons le temps le matin afin de nous reposer, appeler un peu nos proches, et partons manger vers 14h avec Valentin et Victor dans LE restaurant de viande de la ville : l’Italos. Après une pinte (un verre de vin pour Fanny) et une grosse pièce de viande, nous nous rendons au festival afin de proposer notre aide et profiter des premiers artistes.
Arrivés sur place, nous croisons José (le directeur), qui propose instantanément à Morgan d’ouvrir la scène électronique avec un set disco à 20h! Fou de joie, Morgan accepte et passera une partie du reste de la journée à régler les quelques problèmes liés au fait de jouer sur le matériel professionnel mis en place : des CDJs 2000 nexus, que Morgan n’avait jusqu’à maintenant jamais eu l’occasion de toucher.
19h30, Morgan se rend avec Pavel sur la scène, et essaient de mettre en place le matériel nécessaire. Malheureusement, l’heure tourne et il est impossible de régler l’ordinateur avec les CDJ. Une grosse file d’attente se forme devant l’entrée du dôme. Résigné, et mucha stressé, Morgan décide de prendre le risque de faire sans, et de lancer le son (en cas de problème, Pavel et Benji resteront derrière lui tout le long du set ❤️).

20h, le dôme électronique se remplit en moins de 5 minutes, et ne désemplira pas de l’heure de mixe ! Le public est très réactif, et malgré quelques erreurs techniques Morgan prend un pied énorme à faire danser autant de monde ne le connaissant pas!

Ce qui nous a le plus frappé à ce moment là, c’est la gentillesse des personnes qui nous entourent : ils sont patients, ils encouragent Morgan et sont toujours à côté de lui en backup. Nous nous rendons vraiment compte de la chance que nous avons de vivre des expériences pareilles.

Après le set de Morgan, direction les backstages pour que Fanny coupe les cheveux des artistes et des stafs du festival. Elle coupera notamment les cheveux du DJ du collectif Bresh, des argentins qui basent leurs sets sur l’énergie : ils jouent principalement du reggaeton et de la musique commerciale, et comprennent de nombreux danseurs dans la foule. Le DJ est adorable, très accessible et nous passons un très bon moment avec lui. Il insistera même pour offrir un pourboire à Fanny, qu’elle finira par accepter sans regarder le montant du billet. Arrivée devant la scène, elle ouvre le porte monnaie, et moment de panique : il est marqué 500 sur le billet (500 soles représente environ 125 euros). Fanny se sent mal pendant 2 bonnes heures, étant persuadée que c’est une erreur, et que ce n’est pas normal. Elle découvrira au bout de 2 longues heures à s’en vouloir que le billet est un billet de 500 pesos argentin, l’équivalent de 3 euros 😂.

Rassurés nous allons faire la fête avec nos 2 amis français, et finissons le festival dans la joie et la bonne humeur! Morgan appréciera particulièrement Ysy-A, un rappeur à l’énergie débordante, rappelant vald en espagnol.
Le festival se fini à 3h, Fanny (fatiguée) rentre en tuktuk jusqu’à l’hôtel, pendant que Morgan fini la soirée avec nos nouveaux amis ainsi qu’une partie de l’organisation autour d’une bouteille de pisco.
Le lendemain, nous nous réveillons à midi afin d’aller manger avec nos amis Omar, Benji et Pavel avant leur départ vers Lima. Lors du repas, un rendez-vous est déjà donné pour la fin de semaine prochaine : rendez vous jeudi soir dans le bar de Pavel (situé dans le centre historique de Lima) pour que Morgan y mixe, et vendredi départ avec Omar et Benji pour un week-end camping/pêche dans un endroit inconnu pour nous : Huancaya.
Nous passons nos 2 derniers jours à Oxapampa à nous reposer, profiter de la ville, et nous passons une journée à visiter les alentours de la ville à l’aide d’un tour guide. Au programme : visite d’un mirador dans la jungle, d’une boutique de spécialités locales (miel et liqueurs), d’une cascade magnifique (El Rio tigre), d’une grotte et d’une ferme. La journée est sympa, et certains paysages sont incroyables, mais cette journée nous rappelle à quel point nous n’aimons pas cette façon de voyager avec de tours guide. De plus, l’état pitoyable des animaux dans la ferme nous brise le coeur, et nous semblons être les seuls à être choqués de leur maigreur, nous rappelant la différence du respect animal entre l’Europe et l’Amérique du Sud.



Nous prenons le lendemain un bus de nuit en direction de Lima. La nuit n’a pas été reposante, le conducteur était énergique et les routes montagneuses dans ce coin là sont bondées de ralentisseurs. Nous avons décollées du sièges plusieurs fois… littéralement !
Nous n’étions pas sensé faire d’arrêt dans la capitale (n’étant pas très intéressés par cette ville gigantesque), mais l’invitation de nos amis français et péruviens ne peux clairement pas être refusée !