
L’amazonie
L’Amazonie péruvienne se mérite ! Il n’y a en effet aucune route qui mène au cœur de l’Amazonie, il existe donc deux solutions afin d’y accéder :
- prendre un avion de Lima, en direction d’Iquitos, la ville centrale de l’Amazonie,
- prendre divers bus jusqu’à Yurimaguas, puis prendre un bateau amenant jusqu’à Nauta, le parc naturel au cœur de l’Amazonie. En prenant un bateau rapide, la navigation dure 1 journée. En prenant un bateau lent, 3 jours.
Ne souhaitant pas utiliser l’avion, nous avons donc choisi d’utiliser la version bus/bateau, beaucoup plus longue mais aussi beaucoup plus typique!

Partant de Huaraz, nous prenons un bus de nuit de 7h jusqu’à Trujillo (ville côtière), attendons une dizaine d’heures dans la ville et repartons en direction de Tarapoto (24h de bus). Arrivés sur place, nous nous rendons dans un hostel afin de nous reposer pour la nuit. Le lendemain tôt le matin, nous prenons un collectivo, un van de 12 places, en direction de Yurimaguas (3h) et réservons un bateau pour 4h plus tard.
Le bateau est très sommaire : il permet de transporter une cinquantaine de personnes, est très fin et très long. « Les sièges sont simples (de même type que ceux présents dans les bus de ville française) et serrés, tout en restant acceptables pour notre confort » : cette phrase a été écrite en préparant l’article au début de ce trajet. Finalement, après coup, la conclusion des 15h de bateau est « WALAH C’ÉTAIT AFFREUX ».
Les paysages sont eux époustouflants, faisant une très bonne introduction aux 4 jours que nous allons passer dans la jungle.



Étonnamment nous réussissons à dormir lors de la remontée du fleuve en bateau. On se retournait toutes les demi-heures histoire de détruire équitablement les deux côtés de notre dos. Vers 3 heures du matin, Fanny a voulu tenter le classique : mettre le sac à dos sur la vitre en guise d’oreiller. PROBLÈME : LE BATEAU N’A PAS DE VITRE! Instant de lucidité au tout dernier moment, avant de lâcher le sac à dos qui allait tomber directement dans le fleuve. Elle le retient fermement, le replace à ses pieds et l’entoure de trois tours autour des chevilles, histoire de sécuriser le truc si l’idée revenait…
La nuit n’est pas la plus confort de notre séjour, mais nous arrivons à récupérer un peu afin d’être en forme pour notre arrivée à Nauta.
Nous avons une seule indication pour cette aventure amazonienne : rendez-vous à 8h à Nauta où notre guide Jimmy viendra nous chercher. 8h50, toujours aucune nouvelle. Après un petit déjeuner avalé dans la ville, nous arrivons finalement à le contacter : il nous dit le plus simplement du monde « Va voir Pedro il va vous amener. » Donc, qui est Pedro? On est sensés l’appeler à tout va dans la rue jusqu’à espérer le trouver? La communication péruvienne n’est vraiment pas évidente pour des européens, on n’a toujours pas acquis tous les codes. Il finit par nous donner son numéro, nous repartons pour 1h de barque vers notre destination finale : le lodge de Jimmy, notre guide, où nous passerons les 4 prochains jours.

Nous sommes accueillis par un jeune homme, je lui demande si c’est Jimmy, il me dit « Non, mais il arrivera un peu plus tard. Vous avez des hamacs dans le salon pour vous détendre, et vous pouvez prendre une douche ». Nous prenons donc une douche bien méritée. Et c’est là, dans seulement 5 minutes et Fanny tartinée de shampoing et de savon, que quelqu’un tape du poing à la porte « ON Y VA C’EST MAINTENANT »! On imagine que c’est le fameux Jimmy, on se grouille et il tape 3 fois en 3 minutes en disant qu’il va partir sans nous. Faut avouer que ça nous gonfle un peu, on s’active et partons très rapidement dans la jungle, accompagnés de Jimmy et de deux françaises qui sont à leur quatrième et dernier jour dans la jungle.
La matinée sera très speed : nous partons directement au fond de la jungle et Jimmy s’efforce de nous montrer le plus d’animaux possible, en commençant par des paresseux et leurs « réflexes » de défense (peu probante, à se demander comment l’espèce est encore en vie à ce jour), et de nombreux oiseaux. On voit aussi plusieurs plantes : des fruits et légumes que nous goûtons (les mangues sont incroyables), des plantes médicinales permettant d’anesthésier une partie du corps, ect. Nous nous rendons très rapidement compte que Jimmy est un puit de science au milieu de cette forêt dense qui nous paraît tout à fait hostile : nous ne sommes clairement pas dans notre confort, contrairement à lui qui est né ici. La marche dans la jungle sera un peu rapide pour nous pour une première matinée, ne nous permettant pas de profiter autant que nous le voulons du lieu, mais nous nous réconfortons en nous disant que nous avons plusieurs jours pour en profiter! De plus, notre guide nous explique que nous retournerons ce soir au même endroit, car « la journée est une histoire, la nuit en est une autre ». Au bout de deux heures de visite, il pensera finalement à enfin se présenter.


Nous reprenons le bateau pour retourner au lodge afin d’y manger. La chaleur étant étouffante (plus de 35 degrés à l’ombre, une humidité effrayante, dire que 3 jours avant nous campions au pieds d’un glacier!), nous faisons une pause au milieu du fleuve afin de nous baigner. Grande expérience pour nous! L’eau est marron et très opaque, on sait qu’elle est remplie de vie.
Après un déjeuner englouti et une petite sieste dans les hamacs, nous assistons à un cours de pêche traditionnelle de la part d’Andres, un adolescent de 13 ans qui est l’apprenti de Jimmy. Il nous montre comment créer un système de piège afin que les plus gros poissons de la rivière viennent se prendre dedans (un système plutôt simple de bouts de bambous, de ficelles et d’appâts en viande). Après les avoir posés, nous profitons du coucher du soleil et surtout de la présence de 2 dauphins à quelques mètres de nous pour nous jeter à l’eau et essayer de nager avec eux. C’est un échec, ils ne sont cette fois-ci pas joueurs et nous tournent autour pendant quelques minutes avant de partir dans le fleuve, mais le moment reste unique !

La nuit tombée nous nous rendons au premier lieu de la matinée, et effectivement, l’histoire est tout autre. Plongés totalement dans le noir, éclairés seulement par la lueur de nos frontales, la jungle parait encore moins accueillante, et surtout beaucoup plus habitée : chaque bruit est démultiplié et tous nos sens sont en alerte. Après seulement une petite minute de recherche, Jimmy trouve déjà son premier animal : une tarentule. Il nous propose de nous la poser sur nous, ce que nous refusons : Morgan est paniqué et Fanny n’est pas spécialement attirée par l’animal. Une des deux filles aura le courage de la prendre sur elle et de la laisser vagabonder sur tout son corps : nuque, cou et visage compris, chapeau!

Nous repartons à la suite de cela et croisons une petite minute après une autre tarentule, cette fois plus grosse (TRÈS grosse) et beaucoup plus vive que la précédente. Morgan se sent vraiment cerné, se disant qu’il est sûrement entouré d’une bonne centaine de ces bêtes qu’il n’apprécie pas du tout.
On continue de s’enfoncer dans la jungle et nous découvrons des espèces un peu plus sympas : un boa, massif et impressionnant, à l’inverse un serpent très fin et petit mais possédant un venin mortel, un caïman, des oiseaux et énormément de grenouilles.


Au retour, un banc de poissons volants attaque notre bateau, un allant jusqu’à sauter au visage de Morgan qui bondit sur ses pieds, faisant tanguer notre embarcation (je vous assure que quand on s’y attend pas ça fait tout drôle!). Après s’être fait disputés par notre guide qui nous explique que les poissons ne sont pas dangereux et qu’il ne faut pas sauter comme ça, nous rentrons à notre habitation, mangeons un très bon dîner et nous apprêtons pour notre première nuit dans la jungle, entourés de tous ces animaux qui savent nous faire savoir qu’ils sont présents.
Le deuxième jour, le réveil est tardif, autour de 7h45, pour le petit déjeuner. Après avoir avalé notre repas, nous repartons en barque pour pêcher des piranhas. La méthode est simple : nous arrêtons notre bateau au milieu d’une rivière infestée de piranhas, prenons nos cannes à pêche (composées d’un bâton en bambou, d’un fil de pêche et d’un hameçon) avec leur appât (un bout de viande rouge cru) et attendons que les piranhas se jettent sur la viande. N’étant pas de pêcheurs hors pairs, nous n’arrivons malheureusement pas à en attraper, ce n’est pourtant pas la quantité qui manque : nos bouts de viandes sont arrachés de nos hameçons en seulement quelques dizaines de secondes !
Après avoir fait choux blanc, nous rentrons retrouver notre nouvelle équipière pour les 3 prochains jours : Cyrielle, une française tout juste arrivée au Pérou. Nous suivons alors Jimmy dans la jungle pour l’activité de la journée : essayer d’observer le plus d’espèces de singe possible, pour le plus grand plaisir de Morgan!
La surprise est grande, car à peine arrivés dans la partie de la jungle que nous allons fouiller, qu’un premier singe est repéré par notre guide. Après quelque échanges entre Jimmy (qui parle couramment le singe) et ce dernier, il décide de descendre de son arbre et de venir nous voir. Jimmy nous explique que cette espèce est la seule qui s’approche de l’humain, car il est de nature curieux et joueur : il appartient à l’espèce des « singes voleurs », car il ne peut s’empêcher de venir voler tout ce que les humains ont dans les mains. Mais Jimmy a une astuce imparable pour que nous ne fassions pas détrousser : si nous lui tendons un bout de banane, il viendra à nous et nous prendra la banane sans s’en prendre à nos affaires. Effectivement, Jimmy sort un bout de banane et nous la donne, le singe descend rapidement de son arbre, nous saute dessus pour l’attraper et remonte de quelques mètres pour manger son dû. Nous passons quelques minutes avec ce premier singe afin de jouer avec lui, et nous sommes vraiment étonnés de pouvoir voir un singe libre dans son milieu naturel aussi près ! Il osera même nous réclamer un peu de rab de banane à notre départ! Nous continuons de nous enfoncer dans la jungle pendant une dizaine de minutes avant de rencontrer deux autres singes de la même espèce, avec qui la même chorégraphie est jouée : lorsqu’ils nous aperçoivent au loin, nous les voyons se rapprocher très rapidement en sautant d’arbres en arbres afin de venir nous subtiliser quelque chose. Nous croisons aussi des tout petits singes noirs, possédant des tâches en forme de moustaches blanches sur le visage, ressemblant fortement à des chatons.




Après ces premières rencontres fabuleuses, nous repartons vers le lodge faire une pause déjeuner et sieste : la chaleur en ce milieu de journée devient vraiment dure à supporter, une pause est donc la bienvenue !
15h30, ce sont repus et reposés que nous repartons dans le même coin de la jungle que le matin afin de rencontrer d’autres espèces de singes. Et c’est encore une fois un succès pour Jimmy! Après quelques dizaines de minutes de vagabondage, Jimmy arrive à repérer des bruits pouvant provenir de ouistiti, la race de singe la plus petite au monde. Quelques minutes plus tard, à l’aide de son oreille aiguisée, il nous amène dans un endroit où plusieurs d’entre eux sont présents!
A la suite de cela, nous partons à la recherche d’une dernière espèce de la journée : le capucin. Encore une fois, Jimmy se guide au milieu des arbres de plus de 50 mètres à l’aide des bruits qu’il entend, et trouve un endroit où semblent se terrer plusieurs d’entre eux. Et c’est en effet une bonne pioche : nous nous retrouvons encerclés par une bonne dizaines de capucins, présents dans les arbres tout autour de nous. Pas du tout impactés par notre présence, les primates continuent de se balader au dessus de nos têtes comme si de rien n’était, nous permettant de les observer à seulement quelques mètres de nous. Certains sont même curieux, et s’allongent sur les branches afin de mieux nous observer à leur tour.
Après ces moments magiques vécus, nous repartons avec des étoiles dans les yeux. La fin d’après-midi ressemble à la veille : nous partons dans le fleuve principal, nous approchons des dauphins et plongeons lorsque ceux-ci se trouvent à une distance raisonnable. Malgré le fait qu’il soit plus joueur que la veille (il viendra nous toucher sous l’eau à tour de rôle), nous n’avons pas l’occasion de nager à ses côtés. C’est toutefois un super moment que nous vivons : le coucher de soleil est magnifique, et Jimmy, présent dans la barque au milieu de l’eau, nous raconte son histoire (ancien de la légion étrangère en France, pompier, travailleur dans des centres d’aides à personnes, puis guide au milieu de l’Amazonie).
En rentrant, nous prenons une douche, mangeons notre repas (tallarines saltados, un des plats péruviens préférés de Morgan, composé de spaghettis, de bouts de bœufs sautés accompagnés par des épices, des tomates, des poivrons et des oignons) et partons au lit sur les coups de 20h30/21h. Demain le réveil est tôt, et la journée sera une fois de plus bien chargée !
Troisième jour, Jimmy vient nous réveiller à 4h50 afin que nous partions chercher des capybara, sorte d’énorme rongeur de 70 cm de hauteur, dès le matin. A 5h10 nous sommes sur le bateau en direction de la plage où nous pouvons les observer. Malheureusement, ce sera choux blanc pour ce matin : d’après les traces trouvées dans la boue, les capybara sont parties il y a une heure.
Nous rentrons donc, prenons un petit déjeuner et profitons d’un moment de pause pour finir notre nuit.
Nous repartons ensuite dans la jungle afin d’avoir un cours sur les plantes que nous pouvons trouver dans cet habitat. Jimmy nous présente les différents arbres présents et leurs vertus : certains permettent d’obtenir une corde solide permettant d’amarrer les bateaux les plus lourds, d’autres cachent des fruits, d’autres des animaux. Nous nous faisons notamment piquer par des fourmis dont le venin immunise de nombreuses maladies comme la fièvre jaune, de quoi avoir un rappel de vaccin. Nous verrons aussi des fourmis balle de fusils, l’espèce de fourmis la plus grande du monde, portant ce nom car une piqûre d’une de ces fourmis est aussi douloureuse que de recevoir une balle, et peut être aussi dangereux. La connaissance de notre guide nous émerveille encore une fois et nous buvons ses paroles pendant toute notre déambulation dans la forêt.

Au retour, Jimmy décide de s’arrêter sur une rive afin d’aller chercher le long d’un petit cours d’eau des loutres censées se rapprocher des eaux claires. Nous partons donc dans la forêt à la recherche de ces bêtes toute mignonnes. En chemin, pendant que Jimmy cherche les loutres proches du cours d’eau, Fanny se retourne et prend en photo la forêt. Morgan, ne comprenant pas ce qu’elle prend en photo, se retourne et commence à essayer de voir si quelque chose de particulier est présent. Il trouve rapidement une petite boule de poil tachetée dans un arbre à environ 3 mètres de haut. Très étonné, il le montre, très excité, à Fanny, Cyrielle et Jimmy. A ce moment là, la bête se retourne, nous observe une fraction de seconde, bondit loin de nous et disparaît en à peine 2 secondes. Jimmy explose littéralement de joie, les larmes aux yeux « c’était un bébé jaguar! La chance est avec nous, c’est fou de pouvoir voir ça. Je suis très heureux pour vous que vous ayez cette chance ». Effectivement, les deux jours précédents, il nous avait déjà expliqué que le félin était l’animal le plus difficile à trouver dans la jungle, et que l’observer était le fruit d’un travail de pistage de l’animal sur 3 à 5 jours. Nous sommes donc extrêmement chanceux d’avoir pu en apercevoir un dans son milieu naturel, et surtout par pur hasard! Nous ne nous attardons cependant pas sur les lieux, car « si le bébé est ici, la mère n’est pas loin, et le lieu n’est plus sûr pour nous à présent ». Rentrés au lodge, Jimmy fonce voir ses enfants, encore ému de la scène, et leur dit que nous avons pu voir un jaguar. Les enfants nous regarde avec des yeux écarquillés et envieux : nous comprenons que même pour des enfants naissants ici, voir le félin est quelque chose d’extrêmement rare.

Au retour, nous observons ce que sont les orages de l’amazonie, avec des pluies diluviennes nous trempant de la tête aux pieds en quelque minutes malgrès nos kway. Malheureusement, l’appareil photo de Fanny prend l’eau et n’y survivra pas … Nous nous reposons l’après midi, séchons nos vêtements et faisons une petite pause avant la sortie du soir.
La nuit tombée, nous partons avec Andres, l’apprenti de Jimmy de 13 ans, voir tous les animaux nocturnes. Nous retrouvons encore une fois très facilement plusieurs tarentules (Fanny en prendra même une plutôt vive sur le bras !), ce qui ne rassure vraiment pas Morgan. Andres nous montre aussi une tortue caïman, une tortue préhistorique possédant une carapace très particulière, et une tête triangulaire, ainsi que des Caïmans.
Le lendemain matin, nous partons à la rencontre de la famille de Jimmy, qui vit a quelque kilomètres plus loin, elle aussi le long du fleuve. La famille est composée de 3 générations différentes, vivant dans des conditions très sommaires : ils vivent à une dizaine sous un petit toit de 20m2, où se trouve une petite cuisine (quelques marmites au dessus d’un feu) et des petits lits faits en feuilles de palmier. Ils ont comme animaux de compagnie plusieurs chiens et chats, mais aussi un bébé singe, abandonné il y a quelques semaines par sa mère. Ils en prennent donc grand soin, en lui laissant le temps de grandir avant qu’il ne puisse être totalement autonome dans la jungle. Vivant déjà dans son milieu naturel, son adaptation future est garantie.


Après cette jolie rencontre, nous repartons dans la pirogue afin d’aller pêcher du piranha. La chance est cette fois-ci bien avec nous, avec un total de 5 piranha pêchés! Nous donnons les deux plus petits aux aigles croisés sur notre retour, et mangeons les 3 autres au repas du midi.
Après notre déjeuner avalé, nous partons en direction de Nauta, la ville où notre bateau nous attend afin de rentrer. Sur le trajet, une dizaine de dauphins nous offrent un spectacle magnifique, sautant de manière synchronisée à seulement quelques mètres de notre bateau, comme s’ils nous disaient au revoir!
Malheureusement, pour des raisons inconnues et incompréhensible , Jimmy nous fait partir bien plus tard que prévu, et nous arrivons 1h après le départ du seul bateau de la journée. Nous décidons donc de partir à la recherche de deux choses : un billet pour le bateau rapide du lendemain, et une habitation.
Arrivés à l’agence vendant les billets pour les bateaux, nous tombons sur deux hommes jouant aux cartes et bien motivés à finir leur partie. Ils ne nous adressent que difficilement la parole, et ne répondent à nos questions que rarement, et par de simples « si » ou « no », ambiance… lorsque nous leur demandons de prendre notre billet pour le lendemain, ils nous envoient balader, nous montrent qu’ils sont en train de jouer, et nous disent de revenir demain. Parfait.
Nous partons donc à l’assaut des hostels pour obtenir une chambre pour la nuit. Nous finissons dans un des hôtels les moins chers de la ville : l’hôtel est très modeste, des cafards sont présents dans les chambres et la salle de bain n’est pas des plus propres. Cela n’empêche pas l’hôtel de facturer ça 80 soles (une fortune, le double de ce que nous payons habituellement pour des logements au moins aussi bien que ça). Dépités, nous mangeons un repas (mauvais, la ville ne possédant pas de restaurant correct) et allons nous coucher tôt.
Le lendemain matin, nous retournons voir nos joueurs de cartes pour prendre notre billet de bateau. Mauvaise nouvelle : il n’y a plus de place pour le bateau de la journée. Hors de nous, nous repartons à la recherche d’une autre solution. Nous finissons par trouver une alternative entre le bateau rapide et lent, plutôt agréable : un bateau part le lendemain matin, à 4h du matin, pour un peu moins de 2 jours de trajet. On nous indique que nous pouvons nous mettre sur le bateau quand nous le voulons, nous acceptons donc de prendre ce bateau. Nous retournons à notre hostel afin de profiter du wifi et de la relative fraîcheur se trouvant dans le hall d’accueil. Queneni ! La gérante de l’hostel arrive et nous met dehors car nous n’avons pas de réservation pour le soir, et que notre check out était 30 minutes avant. En 5 mois de voyage, c’est la première fois que nous sommes accueillis de la sorte, nous montrant à quel point les touristes ne sont pas appréciés dans la région.
L’après midi et la soirée seront sur la même lancée, remplis de personnes ne souhaitant pas nous aider le moins du monde (même si c’était pour simplement chercher un endroit pour retirer de l’argent). Nous achetons donc 2 hamacs (7 euros chacun) et allons nous installer sur le bateau pour le retour.
Le trajet retour en bateau fut plutôt agréable : suspendus à nos hamacs, nous voyons le paysage défiler lentement sous nos yeux, et profitons de tout ces paysages et couchers de soleils. Nous vivons au rythme du cuisinier, qui nous sert un vrai repas tous les midis (poulet/riz/patate, classique péruvien) et des soupes à base de riz le matin et le soir. Les repas sont toutefois garantis frais : les deux jours, nous voyons 3 ou 4 poulets vivants passer sous nos hamacs environ 3h avant de manger, de quoi nous confirmer le menu du déjeuner.

Nous arrivons 2 jours plus tard à Yurimaguas aux alentours de 23h30. Les personnes présentes sur le bateau nous expliquent qu’il n’est pas sûr de rester sur le bateau pour la nuit, nous prenons donc un tuktuk en direction d’un hostel pas cher ou nous passerons une courte nuit. S’en suit encore 2 jours et demi de trajet, en faisant un rapide stop à Tarapoto afin de récupérer nos affaires laissées à notre hostel, afin de nous rendre à notre prochaine destination tout au nord du pays : Mancora.