
Coimata – Tarija
1er au 9 juin 2022
Tarija n’était à l’origine pas prévue dans notre itinéraire. Cependant, lors de l’excursion dans le salar d’Uyuni, Morgan en a profité pour discuter avec le guide, et lui a demandé quelle était pour lui la plus belle ville du pays. Sa réponse fut sans hésitation Tarija, pour sa tranquillité, sa beauté et ses vignes. Il ne nous en fallait pas plus prévoir un détour afin d’y passer !
La ville est située au sud est du pays, à quelque dizaines de kilomètres de la frontière de l’Argentine. Pour y accéder, nous prenons la route directe entre Tupiza et Tarija, surnommée la route de la mort. Nous montons donc dans le bus en espérant que notre chauffeur soit reposé et concentré ! La route se passe parfaitement et nous trouvons finalement que tous les retours que nous avions lu étaient largement exagérés : la route de sable est escarpée, beaucoup de vide est présent de part et d’autre de la route, mais nous sentons que le conducteur sait ce qu’il fait, et il se balade tranquillement dans ces montagnes où nous ne pourrions pas passer en voiture.
Nous arrivons à Tarija fatigués par la route et les 6 heures de bus, et découvrons qu’à l’inverse des autres villes, le terminal de bus se trouve totalement excentré. Notre premier logement se trouvant à Coimata, à environ 20 km de Tarija, nous nous débrouillons pour trouver un moyen de nous rendre à notre camping. Après un léger repas au marché (ou nous nous faisons arnaqués, la fatigue n’aidant pas à négocier), nous nous dirigeons vers un arrêt de taxitrufi : des sortes de taxi/bus dans lesquels nous nous entassons afin de réduire les frais. Encore une fois en se faisant délibérément arnaquer, mais on avait juste envie d’arriver au camping et de se poser. Nous nous retrouvons ainsi à une dizaine dans une voiture 5 places, et partons en direction de notre lieu de résidence pour 2 jours.

Nous arrivons donc à Coimata de nuit, et découvrons notre logement : une chambre très kitsch au milieu d’un camping magnifique, perdu dans la nature. Les sanitaires ainsi que la cuisine sont à l’image du lieu, rustiques mais pratiques : les douches sont directement dans les toilettes, et l’eau (entre tiède et froide) n’est disponible que de 8h à 10h du matin. Le lendemain matin, nous allons nous balader dans le village afin de trouver un endroit où faire des courses pour les repas suivants. Après plus de 3 kilomètres à marcher sans trouver quoi que ce soit, nous arrivons à trouver (à l’aide d’habitants rencontrés dans la rue) un boucher local. Comme beaucoup de commerces en Bolivie, le point de vente se trouve être directement dans la maison du commerçant, juste un congélateur dans le jardin. Nous passons donc un petit moment avec le boucher et son enfant, et repartons de là avec quasi 2 kilos de viande (nous voulions moins, mais selon le boucher nous devons vraiment nous mettre à manger plus), ainsi que des fruits et légumes. CE SOIR, C’EST BARBEUQ !


L’après midi, nous profitons des merveilles locales, qui se trouvent à seulement quelques centaines de mètres de notre camping: un enchaînement de cascades sur plusieurs kilomètres, visibles depuis un sentier de randonnée qui longe la rivière. La randonnée n’est pas des plus simples (on doit à plusieurs moments traverser la rivière en équilibre sur quelque pierres, certains passages requièrent un peu d’escalade) mais les cascades ainsi que les paysages qui les entourent sont magnifiques ! Nous avons le plaisir de retrouver les 2 chiens du camping au début de la randonnée, qui décident de nous accompagner tout le long! Notre rando est malheureusement interrompue par un veau tombé de plus haut sur le sentier. Blessé, l’animal est apeuré et les chiens essaient de l’éloigner en lui aboyant dessus (malgré nos remontrances). Quelques minutes plus tard, la maman du veau arrive et nous charge afin que nous laissons son petit tranquille. C’est après une petite frayeur que nous arrivons à récupérer les chiens et que nous faisons demi tour. Au retour, nous profitons d’un coin sans trop de courants pour nous baigner et nous laver (n’ayant pas pu se laver de 8h à 10h le matin). L’endroit est magnifique mais l’eau étant saisissante (moins de 10 degrés) nous ne nous éternisons pas dans l’eau.



Le soir, nous préparons notre barbecue et profitons des 2kg de viande, cuits évidement à la chilienne : avec énormément de sel et de citron, à feu très doux pendant 45 min. Un grand délice!!!

Le lendemain, nous retournons le matin aux cascades afin de voir s’il était possible d’aller un peu plus loin que la veille. Pas de chance, le troupeau de vache accompagné d’un taureau est présent en plein milieu du sentier, quelques centaines de mètres après l’endroit où nous nous étions arrêtés la veille. Nous décidons de nous arrêter à cet endroit, et nous calons au milieu de la rivière afin que Fanny puisse peindre les oiseaux volants au dessus de l’eau.
À la suite de cela, nous partons à la recherche d’un taxitrufi afin de nous rendre à un hôtel, présent dans le centre ville de Tajira, où nous pourrons plus profiter des différentes activités de la ville. Deux bébés chiens viendront nous tenir compagnie pendant notre attente, pour notre plus grand plaisir !
Nous arrivons donc au Casa Blanca hostel dans l’après midi. L’hostel est très sympathique, calme et bien placé, et le luxe : nous avons de l’eau chaude ! Nous profitons de l’emplacement et du week end pour sortir dans un bar qu’un des personnel de l’hôtel nous a conseillé. Nous profitons d’un concert de rock très sympa (toujours marrant de voir des boliviens chanter des classiques du rock anglais et américain), et des boliviens présents dans le bar se joignent à notre table et nous offrent divers breuvages (teq-paf et rhum coca notamment). Nous rentrons vers 1h après avoir passé une excellente soirée entourés de locaux.

Les jours suivants nous profiterons de la ville ainsi que de l’hôtel pour nous reposer et flâner dans les rues. Nous mangerons la plupart des midis au marché central de la ville, dans lequel il est possible de se nourrir pour 1 euro environ par personne. Comme dans la plupart du pays, les plats proposés aux marchés sont majoritairement de la soupe, ou du poulet frit accompagné de riz et de frites. Morgan aura aussi l’honneur d’avoir un supplément cafard mort dans la salade qui accompagnait son poulet…

Nous profitons aussi d’une sortie proposée par l’hôstel pour partir une après-midi faire du kayak sur un lac situé à une vingtaine de minutes de la ville en voiture. Nous partons donc avec Ana, la propriétaire de l’hôtel (qui est un véritable amour) pour 2h de kayak et de paddle au milieu de ce lac, nous permettant de profiter du paysage, mais aussi des différents animaux croisés sur notre chemins : vaches, chiens qui se baignent avec nous, flamands rose, ect… Le moment est parfait, nous profitons du calme du lieu pour échanger avec Ana sur le pays, sa vision du monde et du voyage.


Le lendemain, nous partons visiter les lieux qui rendent la ville connue : ses vignes! Le vin fait ici est connu partout dans le pays, et pour cause : certains sont classés parmi les meilleurs mondiaux. Plutôt que de faire le tour des vignes (encore une fois avec d’un tour guide), nous décidons de se concentrer sur une visite précise d’un petit vignoble. La visite est super, nous sommes les seuls présents donc nous prenons le temps de profiter du lieu (qui est magnifique) et Jorge, le directeur, nous explique tout le système de création des différents vins. Force est de constater que même à l’autre bout du monde, la France reste un exemple en la matière : la plupart des matériaux utilisés sont d’origines française, des cuves de fermentation, aux tonneaux de stockage, en passant (surtout) par les différents cépages utilisés (majoritairement des cepages très tanniques, tels que le cabernet sauvignon ou le tannât). Nous finissons la visite par la dégustation d’un excellent vin, et repartons vers notre hostel. Au retour, nous prenons une douche, préparons nos backpacks, et partons en direction du terminal pour un bus de nuit, nous amenant au petit matin à la capitale constitutionnelle : Sucre.

