Arequipa

Arequipa
16 au 22 juillet 2022

Après un bus de nuit, nous arrivons dans la ville à 6 heures du matin le 16 juillet. Nous rejoignons notre hostel vers 7h, et nous reposons dans notre chambre pendant quelques heures. Fanny se réveille aux alentours de 9h et part découvrir la ville, accompagnée d’Antoine que nous retrouvons! Morgan lui dormira comme une loutre jusqu’à ce que Fanny vienne le réveiller à 13h!

Nous passerons notre journée à visiter la ville, se promener dans ses rues, et acheter le nécéssaire pour le trek qui nous attend le lendemain: nous partons pour 2 jours (enfin c’est ce que nous croyons) de marche dans le cratère de Colca, connu pour être le 2eme canyon le plus profond du monde. Après avoir acheté des bâtons de randonnée (que nous comptons utiliser ici, mais aussi à Cusco, à Huaraz, en Equateur et en Colombie), nous finissons notre journée autour d’un repas dans un petit restaurant (que nous paierons 2 euros par personne), et d’un verre dans un bar. Nous allons au lit tôt, car le réveil s’annonce dur.
2h00 du matin, nous nous réveillons, nous habillons et partons en direction du lieu indiqué pour prendre un bus en direction de la randonnée. Après 1h à batailler, nous arrivons au bon endroit (le premier endroit qu’on nous ai indiqué n’était pas le bon malheureusement), et montons dans un micro (van de 12 personnes environ). Nous attendons 45 minutes que le bus se remplisse, et partons en direction de Cabanaconde, la ville de départ de notre trek.

2h du matin, les yeux pleins de dodos mais parés pour le trek!

Après 3h de bus, nous arrivons à destination. Nous nous baladons rapidement dans le centre du village, et partons en direction de l’entrée du canyon. Après une trentaine de minutes de marche, nous arrivons à l’entrée de notre randonnée. C’est à ce moment là que nous nous faisons (encore) attaquer sans crier garde par deux chiens, protégeant une petite ferme à quelques dizaines de mètres de nous, que nous n’avions malheureusement pas vue. À peine le temps de réagir que les deux chiens sont sur nous. Un chien s’attaque à nous deux, pendant que l’autre s’approche dangereusement d’Antoine. Nous prenons quelques secondes pour réussir à faire reculer le chien qui essayait de nous mordre (merci les bâtons de randonnées et les pierres aux alentours), et nous retournons en direction d’Antoine, qui était en train de se faire mordre au niveau du genoux… Le pauvre pensait qu’en restant calme sans geste brusque le chien allait partir. ERREUR! Ce qui est vrai en France ne se vérifie pas ici. Il faut prendre une pierre et les menacer pour les dissuader. Bon, maintenant, il le sait… Nous nous mettons donc à trois pour faire fuir le chien, et regardons l’étendue des dégâts : le chien n’a pas mordu fort, et Antoine n’a pas mal, mais du sang coule de son genoux…

Problème : il n’est pas vacciné contre la rage. Après une rapide consultation téléphonique au centre pasteur du Pérou, nous nous rendons à l’évidence : nous ne pouvons continuer la randonnée sans avoir une dose de vaccin contre la rage, la maladie étant mortelle. Nous retournons donc dans le centre du village, avec pour objectif de prendre un bus pour Arequipa, et de trouver sur place un hôpital qui possède une dose du vaccin. Par chance, nous tombons sur notre route, à l’entrée du village, sur une petite clinique de campagne. Nous apprenons rapidement que la clinique possède la dose du vaccin voulue, et que cela n’est malheureusement pas rare dans la vallée : une fille a eu le même problème la veille.

Une clinique sommaire, mais qui nous permettra de continuer le trek !

Après avoir attendue le médecin du village afin qu’il puisse faire l’injection à Antoine, nous repartons en direction de notre trek. À ce moment la, nous nous rendons à l’évidence : nous avons pris plus de 5h de retard sur le temps voulu, faire le trek en 2 jours est devenu difficile, voir infaisable. Pour des raisons de sécurité et surtout de confort, nous décidons de le faire en 3 jours, avec une journée tranquille en tant que deuxième jour.
Nous rentrons donc dans le canyon aux alentours de 14h30. Les paysages sont magnifiques, et nous sommes les seuls sur le chemin (les autres groupes étant passés environs 4 heures avant nous). La randonnée n’est pas difficile dans cette première journée, mais tape un peu les genoux : c’est 1 100 mètres de dénivelés négatifs d’affilés qui nous attendent. Nous sommes cependant bien accompagnés tout du long de la descente : 3 chiens (beaucoup plus gentils que ceux croisés le matin même) nous accompagnerons tout le long de l’après midi, ce qui nous tient compagnie dans les moments de pause.

Antoine, Morgan et nos 3 copains de rando

Nous mettons environ 3 heures à descendre jusqu’au fond du canyon. Arrivés au fond, nous traversons un pont, où une habitante, gérante d’un refuge, nous alpaguait afin que nous venions dans son logement. Après une petite négociation, nous acceptons et la suivons jusqu’à nos chambres, situées à environ 15 minutes à pieds du lieu ou elle nous a trouvé. La soirée sera courte : après une douche (tiède), et un bon repas avalé, nous filons dormir !

Le lendemain, nous repartons aux alentours de 8h du matin. Cette journée est simple et nous s’annonce reposante : nous avons environ 10 km à marcher, pour 300 mètres de dénivelés positifs et 400 mètres de dénivelés négatifs. La randonnée est simple, très sympa, et il est très agréable de marcher le matin tant que la chaleur dans le canyon reste douce. Nous arrivons à notre destination aux alentours de 11h.

Notre lieu de repos pour la journée, avec visible la montée qui nous attend le lendemain, à gauche de la photo

L’oasis est un petit endroit situé tout au fond du canyon. Il est constitué de seulement quelques auberges pouvant accueillir les voyageurs faisant le trek. La plupart de ses hôtels (dont celui que nous avons choisi) possèdent des piscines, et sont remplis d’une végétation luxuriante -rien de bien naturel en soit, mais la présence d’une piscine au fond de la fournaise a eu raison de nos convictions.

Arrivée dans l’oasis

C’est donc une après-midi farniente qui nous attend après un bon repas (sandwich avocat/thon). Au programme : piscine, bronzage (ou plutôt coups de soleil), jeux de carte, football, quelques bières, globalement chill! Nous en profiterons aussi pour discuter avec une famille de français présente dans l’hostel, sur leur façon de voyager avec 2 enfants (très différente de la notre évidement), et pour leur donner quelques conseils sur leur prochaine destination (Bolivie et Chili). Nous nous couchons encore tôt car demain le réveil est très tôt, et une journée courte et intense nous attend. 

4h00 : le réveil sonne. Nous nous habillons rapidement, nous brossons les dents, faisons nos sacs et chaussons nos chaussures. 4h30 : nous mettons nos frontales, et partons. Aujourd’hui, c’est 1 200 mètres de dénivelés positifs qui nous attendent, sur 6 kilomètres. Nous avons pris la décision de partir le plus tôt possible afin de grimper le plus possible à la fraiche. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, la plupart des groupes encadrés par des guides partent eux aussi entre 4h et 5h. Nous commençons donc l’ascension entourés de groupes, prenons notre rythme et avançons progressivement. En gardant un rythme lent mais constant d’environ 350 mètres de dénivelés par heure, nous espérons finir en moins de 4h. La montée se passe bien, nous quittons petit à petit nos frontales, et apprécions le lever de soleil pendant que nous continuons d’avancer. Lors de la montée, nous parlerons avec plusieurs personnes qui ont le même rythme que nous, échangeons à propos du trek, de l’Amérique du sud et de nos vies en général, de quoi nous faire oublier l’effort.

Nous arrivons en haut vers 7h45, après 3h15 d’effort. Nous rejoignons alors Antoine, qui nous a rapidement quitté pour aller à son rythme (il aura mis 2h15… nous pensons qu’il s’est fait greffé un troisième poumon avant de venir au Pérou!). Nous filons rapidement vers le centre ville, prenons un petit déjeuner et sautons dans un bus qui nous ramène à Arequipa. Nous passerons la journée à flâner, se reposer et profiter de la ville.

Le lendemain, José, le gérant de notre hostel, nous propose d’aller avec lui manger un ceviche le midi. Nous fonçons donc avec 2 autres personnes de l’hôtel, ne sachant pas que nous étions en train de tomber dans une embuscade péruvienne bien rodée! En effet, le ceviche est un plat long à faire (environ 1h/1h30), ce qui laisse la place à un apéro plutôt conséquent à base de bières et de Pisco. Nous finissons par recevoir nos ceviche (qui sont réellement délicieux), et continuons l’apéro avec Harold, le cuisto, qui est un ami de notre hôte. A la suite de ce bon repas, ce dernier nous propose d’aller observer le coucher de soleil chez un ami a lui qui possède un bar rooftop. Ne pouvant refuser, nous finissons dans le bar à jouer au beerpong et à rencontrer du monde, notamment Martin, le patron du bar, qui propose à Morgan de mixer le lendemain dans le même bar. Nous décidons donc de rester une nuit de plus à Arequipa. La soirée sera festive, et Morgan rentrera dormir tard. 

Nous nous réveillons tard, flânons un peu dans la ville. Fanny découvre que Macdonald fait des glaces « crossover » mélangeant des mnm’s et des sublimes (une barre chocolatée au beurre de cacahuète), c’est le début de la fin… Nous réglons des problèmes d’ordre organisationnels (notamment obtenir une carte sim qui fonctionne) et profitons de la ville.

Le marché et son vendeur de fruits, la découverte des tumbos
Les tumbos entiers
Notre dessert : turbo (coupé) et mangue
La glace MnM’s+Sublime
Vue de Arequipa depuis le rooftop

En fin d’après-midi, nous nous rendons dans le bar de Martin afin que Morgan prépare ses affaires pour mixer. On rencontre rapidement Roberto, l’autre dj qui accompagnera Morgan toute la soirée aux platines. La soirée est super de bout en bout, les personnes présentes dans le bar apprécient la musique et Morgan a beaucoup de retour très positifs sur son set (notamment de Martin) et nous sommes entourés de personnes bienveillantes! Harold (le cuistot de la cevicheria) propose même à Fanny de venir le lendemain midi dans son restaurant pour lui apprendre la recette de ses ceviches. Nous retournons évidement voir José pour lui demander une nouvelle fois « una noche mas » (ça sera la dernière fois promis!).

Deux Allemands en voyage, José, Harold

Le lendemain, nous filons donc à la cevicheria aux alentours de 13h, accompagné de Martin et de sa femme Fiorella (nous avons découvert la veille qu’elle parlait un très bon français, chose très rare en Amérique du Sud). Fanny passe plus d’1h en cuisine, et apprend à faire le délicieux ceviche. 

Le cuistot qui apprend à Fanny comment faire un ceviche
Le ceviche cuisiné par Fanny (il est beau quand même)

Le lendemain est le jour du départ d’Arequipa. Nous partons dans l’après-midi, avec pour objectif d’arriver en début de soirée à Puno (au Lac Titicaca). Les bouchons à la sortie de la ville ainsi que quelques petits soucis sur la route nous feront malheureusement arriver aux alentours de 23h dans la ville.

Quelques anecdotes de ces nombreux jours à Arequipa : 

  • Nous avons partagé notre chambre d’hôtel avec un brésilien. Lors de nos premiers échanges, il semble sympathique et tout à fait normal. Mais les jours suivants, nous nous rendons compte qu’il parle vraiment bizarrement. Son espagnol est en effet vraiment différent de tout ce que nous avons entendu jusque là, de même que son intonation. Nous imaginons donc qu’il est handicapé, et faisons en sorte de ne pas relever ses différents « AREQUIPAAAAAAAAAA » le soir avant d’aller dormir. Cependant, 2 matins d’affilés, nous l’entendons sortir de la chambre, et parler de façon tout à fait normale à José. Nous commençons à douter de son handicap, et ne comprenons pas trop ce qui se passe. Lors de notre dernière soirée à l’hôtel, Fanny arrive dans son dos et lui dit un poli « buenas noche », auquel il répond de manière totalement normale. Lorsque Fanny passe devant ses yeux, il découvre son « erreur » et se reprend à l’aide d’un « BUENAAAAAS NOCHEEEEEE ». Nous comprenons alors qu’il n’a réellement aucun handicap, et nous ne comprenons pas trop pourquoi il nous parle comme ça. La solution la plus viable est qu’il se foutait tout simplement de nous (et sûrement de notre accent)!
  • La même soirée fut plutôt alcoolisée du côté de plusieurs péruviens, notamment de Harold, le chef qui devait apprendre à Fanny à faire un ceviche le lendemain midi. Tellement alcoolisée, qu’à son retour chez lui (en taxi), il tombe sur son bras, se déboite le coude et se casse un petit os. Ayant promis à Fanny de lui apprendre le ceviche, il ne nous dira rien, ira travailler comme si de rien n’était, et n’ira aux urgences qu’après que Fanny ai fini de préparer les ceviches, malgré nos protestations!